Maman chronique

20 juillet 2008

Chassez le naturel, mais ne vendez pas sa peau avant de l'avoir tué

Ne nous voilons pas la face, la vie d'une maman est ponctuée de conneries. Il y a les petites conneries, comme par exemple donner à son dernier billet sur le blog un titre un peu drôle, mais pas franchement porteur en terme d'audimat. C'est vrai que les stats auraient plutôt eu besoin d'un Paris Hilton dévoile sa recette de daube ou Julien Doré mit la perdix, mais bon, les seuls people dont ont veut voir la vie affichée ici sont ceux de ma tribu, non? et tant pis pour l'audi mate, je prendrai plutôt une BMW brillante.
De l'autre côté de l'échelle des conneries, il y a la GROSSE CONNERIE. Celle qui mérite des MAJUSCULES pour te prouver combien elle est énorme. Ce serait par exemple se perdre un peu en voiture en bordure d'une ville, vouloir faire demi-tour sur un parking, passer une barrière ouverte par inadvertance et se retrouver au beau milieu de la piste d'atterrissage d'un aérodrome. Tous les protagonistes de cette mésaventures sont encore de ce monde et ils ont en plus reçu l'insigne honneur d'un article dans le journal de carnaval du village.
Entre les deux pôles sus-cités, il y a sans doute la plus populaire de toutes les conneries: la belle connerie, celle que les Allemands appellent à juste titre "schön Connerie". Et à défaut de faire couler beaucoup d'encre, ma dernière belle connerie en date a surtout fait couler beaucoup d'eau. J'essplique:

On pourrait croire que tous les enfants trouvent le mécanisme de la chasse d'eau amusant, et c'est vrai pour la plupart d'entre eux qui s'amusent à faire couler l'eau dans les toilettes bien avant de s'en servir comme il se doit. Forte de cette observation, à l'heure ou Titours a commencé à s'intéresser aux toilettes comme réceptacle à pipi, j'ai trouvé malin de lui faire remarquer le bruit rigolo que fait le mécanisme quand on presse légèrement le bouton, qui n'est pas sans rappeler le bruit d'un rot franc et massif (oui, parfois un vilain humour potache m'habite). Belle connerie oui! Depuis cette démonstration, Titours est persuadé qu'il y a un monstre dans les toilettes.

greenmonster

Il s'en sert quand même, mais sans couler la chasse d'eau... si bien que je passe mon temps à lui courir derrière, et moi qui n'ai jamais été très chasse! (avertissement: toutes les plaisanteries alliant chasse et pêche qui te viendraient éventuellement à l'esprit feront l'objet de plaintes pour diffamation de la part 1. des chasseurs 2. des pêcheurs 3. des amateurs de toilettes propres qui militent depuis des lustres pour le retournement de la locution en "pêche et chasse", c'est quand même plus propre!)

Epilogue:
En passant le cap des 4 ans et en devenant officiellement "un grand" (allez savoir où il a pu pêcher ça...) Titours à envoyé le monstre des toilettes croupir au fond d'oubliettes crasseuses bien méritées. Et vu comme il s'applique à rattraper les 8 mois de chasses qu'il a en retard, je le soupçonne d'y être pour quelque chose dans l'épuisement des réserves d'eau douce de cette planète.

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09 juin 2008

La grande mode du semuaki

Je ne suis pas une victime de la mode, sauf si, en fait, une fois il y a quelques années j'avais succombé à un de ces pulls hyper-tendance de l'époque, d'un côté t'avais une bretelle, de l'autre une manche, je l'ai mis une fois, depuis il prend la poussière dans l'armoire en attendant qu'il revienne à la mode dans une vingtaine d'années, mais je m'égare...
Mais voilà, les enfants aussi traversent des modes, qui sont cycliques comme toutes les modes dignes de ce nom, par exemple la mode du "non" qui s'empare d'eux vers leur 2e année puis qui resurgit cycliquement chaque fois que tu leur demande un service jusqu'à leurs vingt ans environ.
Comme une majorité d'enfants de 2 à 4 ans, mes garçons ont tous les deux succombé à la mode du semuaki.

-Ah je sais! je sais ce que c'est! C'est ce jeu ouski faut placer des chiffres sur une grille!

semuaki

Alors effectivement, le semuaki tient beaucoup du casse-tête, voire même de la prise de tête. C'est un jeu solitaire, et c'est même tout l'enjeu. Une deuxième personne (au moins) est pourtant nécessaire pour initier une partie de semuaki, elle a un rôle tout à fait passif et n'agit que comme détonateur pour signifier le début de la partie, puis elle a juste une fonction de spectateur médusé et impuissant. Un joueur de semuaki qui ne peut pas jouer sa partie jusqu'au bout est susceptible de devenir hargneux, voire même d'entrer en crise. Devant l'ampleur de l'addiction que provoque le semuaki chez les enfants, une maman est souvent partagée entre l'envie de terminer une partie qui tourne mal brusquement et de façon prématurée (sachant qu'une telle attitude peut provoquer une crise chez le joueur), ou de laisser le joueur aller jusqu'au bout de sa partie, encourageant ainsi le sentiment de toute-puissance du jeune joueur solitaire.

-Ah mais non, le semuaki ce serait pas plutôt cet art chinois ouskon place les meubles et les objets d'une pièce d'une certaine manière dans une recherche de bien-être et d'harmonie?

 

fengshui

 

Alors oui, le semuaki est un art qui consiste à disposer les éléments environnants d'une certaine manière, mais en accord avec les désirs d'une seule personne. Et ce non pas dans le but de créer une harmonie, mais plutôt une unité autour d'un centre tout-puissant. Quand tous les éléments environnants sont placés de telle façon à satisfaire les désirs du pratiquant, alors seulement la sérénité peut être atteinte.

-En fait ce ne serait pas un art martial japonais tout simplement?

karate

Alors ça s'en rapproche beaucoup par le côté "combat". Celui qui pratique le semuaki neutralise purement et simplement son adversaire par sa conviction d'être le plus fort. Si l'adversaire tente de résister, l'adepte du semuaki peut utiliser la ruse du cri strident ou le mouvement du tapage de ses propres membres contre surface dure. Dans une phase de combat particulièrement rude, le jet d'objets divers et variés est fréquent.

-Bon là je comprends plus très bien, c'est quoi le semuaki exactement?

Alors laisse-moi te donner un exemple concret. Disons que j'ai avec moi un petit adepte de semuaki d'environ 3 ans. Je rentre de quelque part en voiture, il pleut à verse, donc dans le but d'être le moins mouillée possible, je sors en vitesse, j'ouvre la portière arrière, je détache le petit pratiquant de son siège et je le porte hors du véhicule. Et c'est là qu'il frappe avec un des coups les plus mesquins de son arsenal: "NON, semuaki descend tout seul!". Comme il pleut toujours des chats et des chiens, j'esquive le coup et je pénètre à l'intérieur avec le petit sportif d'élite sous le bras. Je tente la ruse du "setuaki descendra une autre fois, aujourd'hui il pleut et je préfère éviter qu'on soit trempés comme des soupes". C'était bien essayé mais vain. L'adepte du semuaki est rusé et tenace, il répètera la fameuse formule "semuaki fait tout seul" avec moult projections liquides en provenance de la plupart des orifices de sa tête, il accompagnera son cri de guerre de tapage de diverses parties de son corps contre des surfaces dures, il tentera la projection d'objets variés dans l'espace tridimensionnel qui l'entoure jusqu'à l'abdication de l'adversaire.

La génitrice d'un pratiquant intensif de semuaki peut à tout moment écourter la partie en jetant l'éponge avec l'eau du bain. Elle peut rebrousser chemin, remettre le petit être hurlant dans la voiture et le laisser descendre tout seul. Game over, tous les joueurs récupèrent leur couleur faciale originelle.

Hein quoi? Qui me tape sur l'épaule? Ha tiens salut Super Nanny. Qu'est-ce que tu dis? Qui est-ce qui commande ici? Euh, c'est moi... en principe. Oui effectivement je viens de capituler, j'avais une soupe sur le feu et j'étais trempée comme une choucroute (ou l'inverse). Tenir tête? J'y penserai à la prochaine partie...

Heureusement les modes vont et viennent, mais pas de réjouissement intempestif, le semuaki sera invariablement suivi du sepamuaké, comme dans "sepamuaké renversé la plante", puis du sepajustesetoujourmuaki, comme dans "sepajustesetoujourmuaki doit débarrasser la table".

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27 mai 2008

Inscription à Paperblog

Cher lecteur et -trice,

Ce blog va être publié sur le site www.paperblog.fr
et pour ce faire, je dois prononcer la formule magique suivante:

Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo maman_ourse

Voilà, c'est chose faite.
Tu peux toi-aussi prononcer cette formule magique tous les jours au réveil, elle t'assurera vigueur, santé et beauté éternelle... enfin si j'ai bien compris...

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14 mars 2008

La complainte du slip triste et autres astuces improbables

Flèche est un petit malin. Et comme tout esprit malin, il ruse, il met en doute, il parlemente, il teste et il conteste. Pour le convaincre, il faut user de trésors d'imagination; et c'est souvent en désespoir de cause, quand je sors l'argument le plus improbable que le déclic se produit.

Flèche a très vite compris à quoi sert le pot. Avant 2 ans il allait régulièrement faire son petit pipi avant le an_bbpot2coucher, pourtant ni la nouveauté de porter un slip, ni le fait "d'être un grand", ni la fierté de ses parents devant l'exploit, ou la comparaison avec les autres copains de la crèche qui ne mettaient plus de couche ne l'ont décidé à renoncer à son sacro-saint pampers. Il avait bien compris que mettre un slip comportait un risque et il préférait éviter l'accident. La vieille méthode d'attendre l'été pour le laisser se balader cul nu ou en slip dehors pour qu'il comprenne tout seul comment ça fonctionne en se faisant pipi sur les chaussures sous-entend 1. Que l'été ne soit pas complètement pourri et qu'on puisse mettre les enfants dehors cul nu sans risque immédiat de pneumonie 2. Que l'enfant prenne plaisir à ne pas avoir de couche et apprécie de se balader les fesses à l'air. Les conditions 1 et 2 n'étant pas remplies, nous sommes arrivés à l'automne et à la veille de ses 3 ans et rien n'avait changé.

Parfois les mères sont connes. Souvent elles laissent les sirènes chanter: "le mien faisait ses nuits au retour de la maternité", "les nôtres ont marché à 9 et 10 mois", "la mienne était propre jour et nuit à 18 mois", "le notre récitait les jours de la semaine à 2 ans", mais parfois on aimerait bien ajouter son petit refrain à la chanson des louanges. Une mère un tant soit peu instruite sait que l'enfant vient à la propreté à son rythme,  mais elle espère secrètement que son enfant y viendra rapidement et facilement. Il suffit que le pauvre môme passe le stade limite, théorique et complètement arbitraire que sa maman s'était fixé comme "l'âge pour être propre, nan mais quand même, ou bien?" et le voilà condamné à avoir sa mère sur le dos jusqu'à ce que ça soit fait.

Je devais inconsciemment avoir noté 3 ans comme "âge limite pour être propre, nan mais quand même, ou bien?", et telle la mère qui se passe le chant des sirènes en boucle sur le MP3, j'ai commencé à inventer des stratagèmes pour arriver à cette terre promise de la propreté. Ce qui me faisait enrager, c'est que ce miston de Flèche maitrisait très bien l'art du "retenir" ainsi que celui du "lâcher tout", il n'avait simplement pas décidé de se lancer sans filet.

Je me suis alors transformée en véritable spot publicitaire pour les slips: "avec un slip tu peux courir plus vite", "avec un slip tu fais pipi comme les grands (variante b: comme papa)", "un slip c'est joli, regarde celui-ci avec le ballon de foot, et celui-là avec les outils" (ben oui, on s'attendait quand même pas à trouver Barbie sur un slip de mec, et pourtant, ça pourrait bien arriver, avec l'égalité des chances et tout le bazar, on n'est à l'abri de rien).

A court d'argument, j'ai un jour lâché que tous ces jolis slips, dans son tiroir, ils devaient être bien tristes de ne servir à rien, eux dont le seul but est d'habiller ses petites fesses, j'ai même feint de les entendre pleurer, et pire (mais n'allez pas le répéter) j'ai imité le cri du slip triste dans un tiroir. Et je dois avoir un talent fou parce qu'attendri par la tristesse de ses slips désœuvrés, Flèche s'est enfin décidé à abandonner sa couche.

Je vous encourage donc fortement à essayer la complainte du slip triste. Bon le hic avec les "trucs miracles", c'est qu'ils tiennent effectivement du miracle. D'ailleurs un an plus tard, les slips du petit frère ont eu beau gémir et se lamenter dans leur tiroir, ça n'a eu aucun effet.

bbpouceDans la liste des étapes pour "devenir grand", il y a celle où l'enfant renonce à sa lolette, son pouce ou son doudou. Chez nous les 2 garçons ont choisi l'option pouce-doudou. Flèche est très très trèèèèèèèèèèèèès attaché à sa Meuh-meuh, il la traine tellement partout que sa tête menace de se désolidariser de son corps, malgré mes nombreuses tentatives de réparation. Je ne suis pas contre le fait qu'il traine sa Meuh-meuh partout, mais la seule vision du bovin a comme effet simultané la succion du pouce, et donc un aller simple pour l'orthodontie, le pays du sourire métallique.

Quand Flèche s'est cassé une dent, un peu avant ses 3 ans, le dentiste nous avait déjà mis en garde. Il fallait arrêter de sucer ce pouce tout de suite. Mais ce dentiste, qui était sans doute un piètre imitateur du cri de la dent de traviole dans une broche métallique, n'a pas réussi à convaincre mon fils. Et les rappels du genre "le dentiste a dit qu'il fallait arrêter ce pouce si tu ne veux pas avoir un appareil plus tard" n'ont pas eu plus d'effet. Râââââhhhhhh mais bien sûr sussure la psychologue qui est en moi, la clé du succès n'est jamais la menace mais le RENFORCEMENT POSITIF. Que dalle, en fait c'est le jour où j'ai appris à Flèche que sa cousine d'un an et demi son ainée, qui a eu la visite dentaire scolaire, aura besoin d'un appareil dentaire à cause du pouce; c'est ce jour-là qu'il a décidé d'arrêter le pouce et de laisser Meuh-meuh au lit toute la journée, d'ailleurs cette paresseuse n'attendait que ça! Et là en quelques semaines c'était bon, sans même que j'intervienne avec un imitation minable et improbable. Bon je n'oublie quand même pas le renforcement positif qui a lui aussi fait ses preuves dans d'autres circonstances: Flèche sait que cet exploit sera récompensé à la hauteur de l'effort fourni, et faites chauffer la carte de crédit!

1vegetables2_thumbDernière astuce improbable pour faire manger des légumes aux enfants qui sont dans l'âge du cacaboudin. Je situe cet âge dans une fourchette de 3 ans 1/2 à 5 ans 1/2 environ, justement l'âge ou tout ce qui est vert an_calvinmangeou porte le nom de "légume" se retrouve poussé au bord, voire hors de l'assiette. Et là je vous propose un petit test facile et infaillible que vous pouvez réaliser chez vous pour savoir si votre enfant est ou non dans l'âge du cacaboudin. Placez-vous face à votre enfant et prononcez à haute et intelligible voix le texte suivant: "cacaboudin". Si votre enfant rit, bingo, il y est, et c'est tout bénef car c'est la condition préalable à la réussite de cette entreprise. Voici donc la scène: Flèche a mangé à grand peine 2 de ses haricots après moult chantage et menace par la mère tortionnaire que je suis. Dans un dernier effort un peu désespéré je lance: "Tu sais Flèche, les haricots ça fait péter", et là pas besoin d'en dire plus, tout a été avalé dans la seconde.

...ça laisse songeur...

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27 janvier 2008

Va, mon fils, et laisse exploser ta créativité! ... c'est très joli cette... flaque...

On se souvient (ou pas) de Flèche et sa période de coloriage frénétique monochrome, et du self-control dont j'ai dû faire preuve pour ne pas intervenir et le laisser explorer sa créativité naissante. Avec le temps qui passe, je prends de la bouteille (je n'ai pas dit que j'en avale le contenu, hein!), et avec le deuxième enfant, je ne suis pas loin de toucher le sommet de la zenitude.
Est venue comme chaque année l'heure de la Noël et de toutes les joyeusetés décoratives qui vont avec. Pour la 2e année consécutive, nous décorons nos fenêtres de Window art.
Alors pour le lecteur inculte en déco fenestrale voilà ce à quoi peut ressembler la chose:

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Comme les bambins dont je suis la génitrice sont âgés de 5 et 3 ans 1/2, c'est moi qui fais le tour en noir et les garçons se chargent du remplissage. Cette année, Flèche est dans une phase de conscience de la limite et du réel, ce qui se traduit non pas par une obéissance sans faille à sa maman (on peut rêver), mais par des dessins proches du réel et sans dépassement. C'est ainsi que les arbres sont verts et les étoiles jaunes.

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Titours se frotte pour la première fois au Window Art. Il faut dire que l'utilisation du tube de couleur est assez pénible pour un petit, puisqu'il faut à la fois presser et colorier. Alors après avoir vérifié qu'il comprend le maniement de l'outil, je le laisse faire tout seul. Je répète plus fort JE LE LAISSE FAIRE TOUT SEUL. Incroyable non? On a là un enfant de 3 ans 1/2 armé d'un tube de couleur salissante et dont l'œuvre sera exposée aux yeux de tous sur nos fenêtres et moi je m'efface, laissant le champ libre à la créativité de ce petit Picasso en devenir. On mesure la performance établie ici et on observe une minute de silence en guise de respect. Et comment parviens-je à un tel niveau de détachement, vous demandez-vous tout bas, ou tout haut? Je vous livre mon secret sans plus vous faire languir: je quitte la pièce. Purement et simplement. Et je vais faire autre chose.

Une dizaine de minutes plus tard, ce sont 2 garçons ravis qui viennent m'annoncer qu'ils ont fini. "Moi j'ai fait un sapin de Noël", me dit Flèche. "Moi j'ai fait orange" me dit Titours. C'EST LE MOINS QU'ON PUISSE DIRE!


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Nous avons baptisé cette œuvre "la flaque". Les extras-lucides auront bien entendu reconnu un bonhomme de neige. La flaque étant d'une épaisseur considérable, elle n'a pas acquis au séchage cette propriété translucide qui caractérise le Window Art. Il a fallu la coller à l'envers pour reconnaitre les traits du personnage initial que je m'étais escrimée à dessiner en détail le soir d'avant.

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08 décembre 2007

Entre austérité et débauche

Petite histoire cocasse colasse. (Rien que ce jeu de mot foireux te donne déjà une idée de l'altitude à laquelle nous allons planer).

L'ot jour, en sortant de la Copè (petit nom gentil que nous donnons au supermarché du village), Titours regarde une vendeuse affairée vers un panneau d'affichage, il me dit:
-Maman elle fait quoi?
-Elle change l'affiche.
-L'Amish?
-Non, pas l'Amish, l'affiche.
-Haschisch?
-Non Titours afffffffffffffffffiche
-Affiche?
-Oui c'est bien juste! (on a eu chaud!)

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25 novembre 2007

Avertissement concernant une faille spatio-temporelle sur ce blog

Chers lecteurs et -trices,

Ceux qui sont un poil attentifs auront sans doute remarqué qu'un dérèglement spatio-temporel, en fait surtout temporel et pas trop spatio quand on y pense, s'est emparé de ce blog. Etudiez-donc les évènements suivants:

Le 25 novembre 2007 à
7h57 Flèche pousse son premier cri à la face du monde et au bonheur de sa maman chronique et du Grizzly
12h53 Il prononce son premier "non" à la face du monde et au malheur de sa maman chronique et du Grizzly
16h24 Il est affublé d'un petit frère de 2 ans 1/2
18h59 Il entre à l'école (qui a toutes les chances d'être fermée à cette heure-là, d'autant plus que c'est un dimanche)

Alors soit cet enfant est incroyablement précoce, soit sa maman chronique a décidé de dater du 25 novembre (jour béni de l'ouverture de ce tissu de vérités virtuelles) tous les textes antérieurs. J'avais d'abord choisi de dater les messages d'après le moment où ils se sont produits dans la vraie vie, c'est à dire à partir du 24 octobre 2002, jour de la naissance de Flèche. Mais du coup on avait un peu l'impression 1) que j'étais une blogueuse super précoce 2) que j'écrivais 2 messages par année.

Nous pouvons à présent sortir de cette faille temporelle, qui était, je l'avoue, bien moins drôle que l'épisode de Stargate où Teel'c et O'Neill se retrouvent prisonniers du temps et jouent au golf à travers la porte des étoiles...

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Trop c'est trop!

On vit à toute allure, on est bombardé d'information, tout est poussé à l'extrême, pas étonnant que le mot à la mode soit "trop". A tel point que la jeune génération (dont je ne fais plus partie, il faut me rendre à l'évidence) ne dit plus "je t'aime" mais "ch'te kiffe trop", et un simple mot comme "non" devient "trop pas".
La fièvre du "trop" a même atteint les plus jeunes qui communiquent leur enthousiasme avec des "trop yes!" dès l'école enfantine (ndlr maternelle en France). A tel point que même mon Titours de 3 ans 1/2 sort de table en lançant "j'ai trop pas faim" et devant une bêtise essaie de s'en sortir avec un "c'est trop pas moi".

Flèche aussi est atteint pas la frénésie ambiante, et depuis qu'il est entré à l'école, tout est devenu "hyper". Il est "hyper fatigué", il a "hyper faim", il s'est "hyper bien amusé". Il manquerait plus que les deux frères opèrent une fusion et là ça deviendrait hyper trop pour moi.

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Nonpas

Il fallait qu'on passe par là, je le savais, mais ça ne rend pas les choses plus faciles pour autant. Petite piqure de rappel: quand Flèche avait 2 ans, et il était précipité sans ménagement dans l'âge du non à cause d'une histoire de Petit Ours Brun dans un magazine Popi offert par sa tante. Pour Titours, j'ai beau chercher, je n'ai personne à incriminer. Titours a dit son premier "non" plus tôt que Flèche, il faut dire qu'avec un grand frère, il a dû entendre ce mot bien souvent et il l'a donc répété tout naturellement, mais il en faisait un usage non-abusif qui n'était pas dérangeant. Mais là, depuis quelques mois, il est passé à la consommation systématique qui n'est pas loin de provoquer une overdose chez ses parents. Il use et abuse du non, du pas et même de l'ultime alliance de la mort qui tue la mort par derrière avec une faucille et un marteau: le nonpas.    

Dans sa chevauchée sauvage de la négation, Titours se joue de la grammaire et la piétine allègrement. Il a fait de "nonpas" un préfixe qu'il accole à l'intégralité des substantifs de la langue française et d'une bonne partie de ses verbes. Je vous sens avides d'exemples alors voici:

Moi: A table !
Titours: Nonpasà table!
Moi: Si Titours viens manger maintenant.
Titours: Nonpasmanger.
Moi: Tu veux du pain?
Titours: Nonpaspain.
Moi: Titours viens mettre tes chaussures on va dehors.
Titours: Nonpaschaussures.

Il y en a pourtant que ça amuse. L'autre jour en voiture j'ai eu droit à la conversation suivante:
Flèche: Titours tu sais dire chien?
Titours: Nonpaschien.
Flèche
: Tu sais dire maison?
Titours: Nonpasmaison.
Flèche: Tu sais dire voiture?
Titours: Nonpasvoiture.
... j'imagine que vous compatissez et je vous en remercie.

Sinon à part nonpas, Titours dit bien d'autres choses et sa prononciation s'améliore si vite qu'on est passé presque sans s'en rendre compte du todile au trotrodile et hier il m'a même servi du crocrodile, sans prévenir. D'ici à ce qu'il me balance un crocodile en pleine face...   

   index

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Cause toujours!

Alors que Flèche surfe toujours sur la vague de l'expression orale avec une aisance insolente, Titours, lui, prend son temps pour acquérir la parole. Voici donc un bref aperçu des progrès linguistiques de notre cadet:

Il n'y a que quelques mois, une conversation avec Titours ressemblait à ça:

-Maman! Kièmtumnagachomchopoté!
-Euh, tu peux répéter?, je n'ai pas bien compris.
-Chemnemgannéma chemnamiéchemnabouyeti, maman.
-Ehem, hem, hem c'est bien ce que je n'avais pas compris la première fois. Euh, et bien qu'est-ce que tu as envie de faire? On va faire un jeu?
-DéDé
-Ah ça ça a le mérite d'être clair, oui on mettra un DVD plus tard.
Titours a attendu d'avoir 2 ans 1/2 pour devenir le petit perroquet que sont souvent les cadets. J'ai enfin le son en stéréo, quoiqu'une oreille reçoit des information un peu plus approximatives que l'autre. Titours me rappelle un peu le Numide dans les BDs d'Astérix. Ce n'est pas vraiment qu'il place sa paume au-dessus des yeux et hurle "Gaulois à t'ibo'd", mais lui aussi est fâché avec les "r". Pourtant on est assez loin de la numidité puisque je n'entends même pas le début d'un chuchotement d'apostrophe. Titours (Titouss comme il se nomme lui-même) aime donc mett les choses pa tè, il adore coui après Flèche. Il connaît beaucoup d'animaux dont le sèpent, l'ousstete_d_ours,dolphin la giaffe, le todile, le tig, le zèb, le cana, la totue, la guenouille, la souis, le kangouhou, le céosse (çui qui a les cornes sur le nez). Mais il y a aussi ceux qui n'ont pas de "r" à oublier comme un ion, un chinche, un choual, un maphin (comme dans Flipper le Maphin), un paillon, un néfant. Comme Flèche au même âge, il donne un accent particulier au mot pouaaaaaaaaasson. Je passe volontairement sous silence les chats, chiens, vaches, mouches, poules, cochons et loups et autres qui sont prononcés     juste, c'est pas drôle. Mon préféré est un animal aujourd'hui disparu, probablement parce que son cri était trop désagréable, le fameux dissonore.

MichalJ'ai une bonne nouvelle pour tous les fans de Michal (oui vous savez, Michal  Delastaracademy, celui qu'on a longtemps soupçonné d'avoir volé l'orange, comme tous ses compatriotes de l'Est qui viennent voler les places de travail de nos plombiers). Et bien ce n'est pas lui qui a l'orange, c'est Titours! Depuis le mois de novembre la mode est à l'orange (parfois prononcé onrange). 3 mois plus tard, c'est toujours le mot favori de Titours. Parfois il l'utilise pour parler de la couleur orange, ou du fruit; parfois il veut dire "on range" (j'aurais préféré "je range", mais il semble que les garçons de cette famille aient absolument besoin de moi pour cette joyeuse activité qu'est le rangement). "Orange" est aussi utilisé par Titours comme mot universel, le mot qui veut tout et rien dire, celui qui est tellement passe-partout qu'on peut presque l'utiliser dans chaque phrase. Et comble de l'ironie, le "r" de orange est prononcé sans aucun problème, tout râpeux et guttural. C'est d'ailleurs en prononçant moi-même ce mot-mystère à plusieurs reprises avec l'accent particulier que lui donne Titours que j'ai découvert son utilité thérapeutique.    

De l'utilité thérapeutique du mot "orange" prononcé à la mode de Titours:
Le "o" légèrement nasal fait vibrer la moque coincée entre le nez et la gorge, le "r" bien râpeux décolle cet amas glaireux qui tombe dans le receptacle  que forme la bouche quand elle prononce le son "an", et il ne reste au son "je" qu'à pousser le glaviot jusqu'au bout de la langue ou il pourra soit être craché, soit ravalé pour poursuivre son voyage intérieur en direction de l'estomac. Comme le sol de la maison n'est pas couvert de petits amas verdâtres et glissants, je soupçonne
Titours de choisir l'option "voyage intérieur". Vous n'êtes pas sans ignorer qu'une telle découverte peut me valoir un prix Nobel de médecine, j'attends d'ailleurs un coup de fil de Suède tout prochainement. Les retombées financières de cette trouvaille de génie ainsi que la gloire qui en découle iront tout droit à Titours, et peut-être aussi un peu à Michal qui a certainement un peu de mal à boucler ses fins de mois avec son salaire de plombier de la chanson française.

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