Maman chronique

Maman jour après jour, maman encore et toujours... maman chronique, quoi. C'est grave docteur?

25 novembre 2007

Je n'interviens pas (mais ça me démange grave!)

Ceux qui me connaissent savent que je suis un peu du genre à vouloir tout contrôler. En moi sommeille un petit despote qui aime bien organiser sa vie à sa manière et mener son petit monde à la baguette pour qu'il suive le chemin que j'ai tracé. Je mets tout ça sur le dos de mon signe astrologique (lion), ça m'arrange bien. Vous imaginez bien qu'avec des enfants (surtout mes enfants j'ai l'impression) les choses ne se passent pas toujours comme je l'aimerais, ou comme je pense que ça devrait être. Et là ça m'énerve intérieurement et je dois me faire violence pour ne pas devenir ce tyran qui ne demande qu'à faire surface. C'est alors que je pratique la technique du lâââââcher priiiiiiiiiiiiiiise qui se ressemble à s'y méprendre à celle du laiiiiiiiiiiissssser faaaaaaaaaiiiiiiiiiiiire (respirer profondément ici) afin que mes enfants aillent à leur rythme et fassent leurs propres découvertes sans mon intervention (ou presque).

Je me rends bien compte que vous avez besoin d'un exemple concret, donc le voici:

Flèche entre dans sa période de coloriage frénétique, c'est à dire qu'il peut vous décimer un livre de coloriage en un après-midi sans sourciller. Ce coloriage en chaine, qui ressemble fort à du gaspillage, provoque déjà en moi les balbutiements d'un embryon de désapprobation que je muselle pourtant aisément. Mais là où le bât blesse (en tout cas où il me blesse), c'est que cette débauche de coloriage est MONOCHROME!!! Flèche a l'air de tomber sous le charme d'une couleur, mettons le violet, et du coup tout le livre devient violet. Et là c'en est trop, colorier tout un livre d'une seule couleur ça ne se fait pas (me dis-je en moi-même). Je sais bien que les enfants développent leurs facultés pas à pas, que "faire comme le modèle" est certainement l'étape suivant celle du coloriage frénétique monochrome, qu'il faut laisser l'enfant évoluer à son rythme afin qu'il fasse ses découvertes lui-même, bla bla bla... alors je n'interviens pas, mais ça me démange grave!

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Non, c'est trop dûûûûûûûûr... je craque, je lui glisse un léger "regarde le modèle, c'est quelle couleur ici? rouge? et toi tu as fait quelle couleur? violet? c'est très joli mais je trouve qu'en rouge ce serait très bien aussi" (tout au fond de moi-même, j'entends le despote qui hurle à plein poumon: lâche-moi ce violet et change de couleur nom d'un chien!). Dur dur le lâââââcher priiiiiiiiiiiiiiise (je respire profondément ici).    

Je vous rassure, je ne suis pas toujours aussi névrosée, et dans d'autres circonstances qui feraient enrager d'autres mamans, moi je reste zen. Et voici un exemple pour preuve: Tout le monde sait qu'il faut encourager nos enfants à devenir autonomes, par exemple en les encourageant à s'habiller seuls. Quand Flèche a très envie d'aller jouer dehors, il est tout disposé à s'habiller seul... et à sa façon. L'autre jour il arrive vers moi tout fier avec une basquette à un pied et une botte à l'autre et il me demande avec un immense sourire: "c'est juste?".  Il l'a bien fait exprès le miston, je le sais, il sait que je le sais et je sais qu'il sait que je le sais. Bien que personne ne soit dupe du manège de l'autre je lui dit quand même "Tu ne veux pas plutôt mettre deux mêmes chaussures?, les basquettes par exemple, c'est très bien". Mais Flèche insiste pour aller dehors comme ça, c'est lui qui a choisi ses affaires et il les a mises tout seul. Et là croyez-le ou non, même sans avoir besoin de respirer profondément, je laisse faire.   

Combien d'entre vous auraient contemplé le coloriage frénétique sans broncher? Et combien auraient laissé leur enfant sortir avec des chaussures dépareillées? Il existe parmi nous des rois et des reines du lâââââcher priiiiiiiiiiiiiiise, peut-être utilisent-ils la technique de détachement des moines Shaolin pour ne pas intervenir, peut-être leur attitude flirte-t-elle parfois avec un je-m'en-foutisme paresseux et démissionnaire? Personnellement, j'ai mis une muselière à mon despote intérieur, mais je l'ai relâchée juste assez pour qu'il puisse articuler quelques mots afin de ne pas sombrer dans la folie et la perte totale de sa personnalité.

   

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T'as dit quoi?

Étrange comme fonctionnent les oreilles d'un enfant de 3 ans 1/2, c'est un peu comme si on disait quelque chose et que son cerveau le traduisait instantanément dans une autre langue. Et même avec 3 licences de lettres, j'ai bien du mal à déchiffrer cette langue qui n'est apparemment entendue que des enfants de cet âge. Après des semaines de recherches intensives, voilà une ébauche d'outil de traduction qui vous donne d'abord ce que je dit, et en italique ce que Flèche entend:    

Je n'ai pas besoin d'aide pour la vaisselle, merci. Vas plutôt jouer avec ton frère pendant que je finis.
Ma cuisine a bien besoin d'être inondée, si tu demandais à ton frère te t'aider dans cette entreprise afin qu'elle soit plus rapide et plus efficace?

Flèche, viens te brosser les dents!
Flèche, viens jouer à "on s'remplit les joues d'eau et on s'crache dessus"!          

Je vais donner à manger aux poissons, je reviens dans 2 minutes.
J'ai besoin de votre aide à tous les deux pour tremper dans les aquariums tout ce qui est à portée de main.

On ne remplit pas la piscine aujourd'hui, il fait trop froid.
Je t'encourage à gonfler toi-même la piscine avant d'ouvrir le jet et de la remplir.

Contente-toi d'aspirer le sable que tu as lancé à l'intérieur de la maison, pas besoin d'aspirer dehors.
Et si tu essayais de vider le bac à sable et la piscine avec cet aspirateur?

Mets tes chaussures, on y va.
Fais tout ce qui te passe par la tête, sauf mettre tes chaussures, maman finira bien par le faire elle-même puisqu'elle a l'air pressée.

Viens on range ta chambre.
Si ça ne te déranges pas, je rangerai ta chambre pendant que tu feras autre chose qui t'amuse plus.

Maintenant que c'est rangé je peux passer l'aspi.
Maintenant qu'il y a de la place, tu peux jouer avec l'aspirateur.

Non!
Débrouilles-toi tout seul pour faire cette chose que je t'interdis.

J'ai dit non!
Chiard qu't'oses pas l'faire!

Cette fois c'en est trop, tu es puni!
Non!

Laisse-moi regarder Top Models (ndlr. Amour Gloire et Beauté) tranquillement, c'est l'épisode ou Ridge découvre que Taylor est toujours en vie!
Vas chercher le plus bruyant de tous tes jouets et viens jouer juste devant l'écran.

C'est l'heure des 4 heures, il y a des fraises à la crème.
C'est l'heure des 4 heures, il y a des fraises à la crème.

Viens, on va remplir la piscine.
Viens, on va remplir la piscine.

Tiens, parfois la traduction automatique n'a pas lieu, il faut que je continue d'étudier cette langue...

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Quelle tache!

Je n'avais jusqu'ici pas forcé sur le développement artistique de mes bambins, disons surtout que j'avais sciemment évité tout ce qui est susceptible de transformer toute une pièce de la maison en œuvre d'art contemporaine. Cette fois je me suis lancée, j'ai acheté de la peinture à doigts et hop, Flèche et moi on a sauté dedans à pieds joints (au sens figuré bien sûr) (d'ailleurs je ne vois pas vraiment de sens propre à l'expression "sauter dans la peinture à doigts à pieds joints") (sans vouloir faire de jeu de mot non plus, vous me connaissez).

Flèche, emmitouflé dans un vieux pull à moi qu'il appelle "le tableau" en voulant dire "le tablier", entouré de papier journal protecteur et salvateur de ma cuisine hors de prix, peut-être un peu influencé par la peur de la tache encrée au plus profond du sub-conscient de sa maman, ne veut pas mettre ses doigts dans la peinture du même nom et exige un pinceau. J'exauce d'abord son voeu, mais ensuite je me fais violence et la pédagogue moderne qui est en moi parvient à terrasser la maniaque-de-la-tache-de-peinture-sur-sa-cuisine-hors-de-prix et je prends sur moi de montrer à Flèche comment peindre avec ses doigts.

Il en résulte quelques oeuvres baptisées par l'artiste lui même: "un dinosaure", "un autre dinosaure", "un aigle" (ci-dessous), DSC03556 (qui sera ensuite aussi appelé "un hippocampe"), et enfin "les mains", oeuvre résumant à elle seule la bataille sans merci entre le "surmoi" et le "ça" et la victoire sans appel de ce dernier. Pour tous ceux à qui l'idée d'une tache sur une cuisine neuve et hors de prix est insupportable, mon surmoi tient à vous faire savoir que la cuisine s'en est sortie indemne. Pour tous ceux à qui ce dernier paragraphe a donné envie de lire Freud, je vous cède volontiers quelques ouvrages à bas prix.

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Dur dur le français

Le français n'est pas simple quand on a 2 ans 1/2, même avec un kilo de logique et une louche de bonne volonté on ne s'en tire pas à chaque fois. Flèche s'essaie à la conjugaison et ça donne des choses comme: il a veni, il faut s'assière. Pour les pronoms personnels, c'est pas 100% non plus. Il maitrise bien le je et le tu, mais il se bat encore un peu avec "moi, mon, le mien". Et là quand on essaie de l'aider, on se lance dans des conversations un peu surréalistes:

Flèche : "Maman c'est qui qui a fait ça?", moi: "c'est moi", Flèche : "c'est moi?", moi: "non c'est pas toi, c'est moi"

Flèche a toujours été fortiche pour imiter des sons. Il savait tout juste parler qu'il disait "chlop" en imitant le bruit que son an_bebetelephonebiberon fait quand il le sort d'un coup de la bouche. Maintenant quand il raconte quelque chose il utilise fréquemment un bruitage ou l'autre pour rendre ses récits plus parlants, du genre: "Et pis le gros trax il a pris la voiture comme ça et pis il l'a mis dans la remorque ffffffffffuuuuuuit et pis la voiture elle est tombée pis boum badaboum baboum". Depuis quelques jours, chaque fois qu'il trouve un téléphone à sa portée, il le met à l'oreille, penche la tête, fait un petit rire idiot et enchaîne avec un "nooooooooooooooonnnnnnnnnnnn" étonné et chantonnant. Comme ça ne ressemble pas tellement aux manières de son papa, j'ai bien dû en déduire que c'est moi l'objet de cette caricature.

En plein âge du "NON", du "PAS" et de leur rejeton légitime le "NON je veux PAAAAAAAAAAAAAS", Flèche a dû être capturé une nuit par des extra-terrestres qui ont fait sur lui des expériences secrètes qui n'auraient normalement dû laisser aucune séquelle. Eh bien c'est raté les p'tits hommes verts! Moi j'ai bien vu qu'on me l'a changé mon Flèche !an__alien On ne peut pas berner une mère, on a un instinct nous! Un beau matin d'avril, Flèche s'est réveillé avec un nouveau mot à la bouche: le "ui" secondé parfois par son cousin germain le "vui". Depuis ce jour, quand Flèche est d'accord, il le fait savoir. Le "ui" n'a pas occulté le "non", il vit plutôt une tranquille petite existence parallèle. Petits hommes verts venus d'un galaxie très très lointaine, ne vous gênez pas de réitérer votre expérience, et la prochaine fois si vous pouviez emporter avec vous un petit bout du gène de la contestation systématique, merci d'avance!

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Petit Ours Brun dit non... et tout bascule

Flèche est rentré dans l'âge du non, un peu à cause de sa tante et de Petit Ours Brun. Je m'explique: sa tante a eu la gentillesse d'offrir à Flèche le magazine Popi du mois d'octobre. Le thème de ce mois dans Popi c'est l'opposition, la chamaillerie, la bagarre et même Petit Ours Brun, qui dans mes propres souvenirs de gosse était gentil et obéissant, est en pleine crise de résistance face à l'autorité.
L'histoire s'appelle "Petit Ours Brun dit non" et croyez-moi, on n'est pas déçu. Quand sa maman lui dit de prendre son bain, il veut manger, quand c'est l'heure de manger il veut se coucher, et au moment de se coucher il dit "non, je ne veux pas", et là, comble du sommet de la négation poussée à des extrêmes à peine tolérables, quand son papa lui dit "Maintenant ça suffit!", il répond "Non, non et non!", ET C'EST TOUT!!!! J'ai cherché en vain les deux pages suivantes où Petit Ours Brun est censé revenir à la raison, dire enfin oui à ses parents, faire le bisou du soir et s'endormir heureux, mais RIEN, QUE DALLE, QUE POUIC! On vous balance une bombe de ce genre et après à vous de vous débrouiller avec les conséquences désastreuses et les marques indélébiles laissées dans le cerveau de votre enfant.
Flèche n'a pas échappé à l'emprise maléfique de cette histoire, il a éclaté de rire et il a répété plusieurs fois "Non, non et non!". Depuis, mon fils est possédé par l'esprit malin du "non", il a basculé dans cet univers de négation systématique que doivent traverser tous les enfants pour s'affirmer. Je sais qu'on devait passer par là de toute façon, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que sans "Petit Ours Brun", on aurait peut-être eu encore quelques semaines de répit... Il manquerait plus que la prochaine histoire s'intitule "Petit Ours Brun sort de son lit tout seul" et là je fais un procès au magazine Popi :-)

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Il était une fois un tracteur à gazon...

Flèche a beau être une véritable tornade quelques fois, il apprécie toujours les moments de calme passés à raconter des histoires. Ces temps, les livres qu'il demande le plus sont ceux du genre imagier où il faut nommer les choses. Comme il est en pleine phase d'acquisition de vocabulaire, ses préférences sont en plein accord avec son développement linguistique.

Un autre grand hit du moment, en tête du classement des favoris depuis plusieurs semaines, c'est le catalogue des tracteurs à gazon John Deere. Il ne se lasse pas de regarder les photos de ces magnifiques tracteurs verts et jaunes et d'entendre qu'on peut régler facilement la hauteur de coupe grâce au sélecteur à 7  positions ou que les toutes nouvelles tondeuses frontales procurent une visibilité exceptionnelle, outre leur maniabilité optimale conférée par leur rayon de braquage extrêmement réduit...


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Flèche choisit toujours un auditoire pour écouter les histoires avec lui. La vache est un auditeur incontournable, mais elle est souvent accompagnée d'une ou plusieurs autres peluches... ou même un trax en plastique. Je me retrouve donc souvent en train de raconter un prospectus de tracteurs à gazon à un trax; ça me paraissait un peu incongru jusqu'à ce que ma soeur m'avoue qu'elle a parfois dû laver les dents à des autocollants !!!

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Le couronnement de Meuh Meuh

Vers l'âge de 14 mois, Flèche s'est choisi un doudou unique parmi les 3 qu'il utilisait et qui étaient relativement interchangeables. Il avait bien des préférences passagères qu'on remarquait au doudou qu'il prenait en premier quand on le mettait au lit. Plus tôt dans l'année, il a eu une courte période de préférence pour un ours dodu. Sinon, le petit ours faisait office de régulier, et c'est d'ailleurs lui que j'emportais avec nous chaque fois qu'on sortait.

Mais cette fois c'est clair: le nouveau doudou c'est La Vache. Flèche a évidemment une technique toute particulière pour s'en saisir par la corne et sucer son pouce. Exit le petit ours et ses mains toutes rondes que Flèche engloutissait en entier dans sa bouche, aujourd'hui la star est un bovin mou aux grosses fesses qui répond au doux nom de "meuh meuh", voir "meuh meuh meuh", voir plus si affinités.

J'ai découvert à quel point cette vache était devenu LE doudou le soir ou il a fallu que Flèche s'endorme sans elle. Voici en bref les moments forts de ce périple. Je m'apprêtais à coucher Flèche et je préparais son lit tandis que lui errait du coté de la salle de bains pouce en bouche et corne de vache sous le nez. Mis à part son amour pour sa vache, Flèche cultive aussi une passion pour le bain, c'est d'ailleurs un des premiers mots qu'il a prononcés vers 13 mois. Chaque fois que sa route croise celle d'une baignoire, il est transporté de bonheur et répète inlassablement "bain bain bain". Je l'entendais donc depuis sa chambre qui disait "bain bain" dans la salle de bains, rien d'inquiétant jusque-là, mais ces "bain bain" étaient parfois entrecoupés de "meuh meuh"... Interpellée par cette association douteuse, je vais voir et je découvre Flèche en train de jouer à ouvrir et fermer le couvercle des toilettes. Et bien je vous le donne en mille: "meuh meuh bain bain" ... dans les toilettes !!!

Après un rinçage obligatoire du malheureux bovin, il était impensable de laisser Flèche dormir avec un doudou mouillé. Et c'est à ce moment-là que j'ai compris le lien doudouesque qui s'était DSC00660bcréé entre ces deux êtres. Flèche, qui d'habitude s'endort sans dire un mot ou juste une légère protestation a pleuré en réclamant sa vache pendant 10 bonnes minutes interminables. Le petit ours a fait son possible pour servir de substitut mais il était bien faible dans sa position de doudou déchu. Pourtant il avait des cotés pratiques ce petit ours, tout d'abord sa taille, si petite qu'on pouvait le glisser dans n'importe quel sac, ensuite ses habits bleus foncés, qui malgré un suçage intensif ne viraient pas au gris, enfin il y avait ce petit bruit qu'il faisait quand on le secouait... La vache, elle, remplit presque un sac rien qu'avec ses grosses fesses, elle est à dominance blanche et ce n'est pas ses quelques taches noires qui la rendront moins salissante, surtout que Flèche à choisi ses cornes blanches comme terrain de prédilection pour frottage sous le nez, enfin elle ne fait pas de bruit quand on la secoue. mais il faut bien avouer que son gros museau, ses épaules de mouche et ses fesses d'éléphant lui donnent un air irrésistible. On t'aime La Vache!

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Bébé Flèche teste l'autorité, partie 1 (je suppose qu'il y en aura d'autres)

Comme bébé Flèche (11 mois) a maintenant 7 belles dents, des dents magnifiques et entretenues quotidiennement, il commence de les utiliser. A mon grand dam, ce n'est pas dans ses biscuits qu'il s'exerce à croquer, mais il tente d'arracher des morceaux à mon fauteuil relax adoré et cuir, ou pire, c'est moi qui reçoit un coup de dents lors d'une séance câlin un peu trop passionnée (Aïe!). Quand je le gronde et que je lui retire le fauteuil de la bouche, il rigole. Par contre il a été très impressionné par le hurlement que j'ai poussé quand il a planté ses crocs dans mon décolleté. Il n'a pas réitéré depuis, mais plutôt qu'une victoire de mon éducation, c'est certainement dû au fait que je suis maintenant sur mes garde lors des câlins. D'accord j'y perds en passion et en spontanéité, mais j'y gagne en terme de peau restant attachée à son support originel.

En parlant de succès et d'autorité, on ne peut pas dire que nos ordres ou interdiction de parents soient respectées au doigt et à l'oeil par Flèche, ce qui serait d'ailleurs relativement inquiétant de la part d'un enfant de cet âge. Pourtant Flèche comprend bien le "non", ce qu'il teste c'est notre autorité et nos réactions: il se dirige vers l'endroit interdit en s'arrêtant et en se retournant pour nous regarder, puis il tend la main vers l'objet interdit en nous défiant, parfois il va même jusqu'à compromettre un camarade (une de ses peluches) en lui faisant commettre le délit à sa place. Mais cryingbabynous ne sommes pas dupes et c'est bien le petit garçon et non la peluche qui se fait gronder (des fois même avec le doigt levé, si si). Après l'étape du grondage (néologisme issu de mon imagination), le palier suivant c'est de prendre le bébé et de l'emmener loin  de l'objet interdit, plusieurs fois si c'est nécessaire et ça marche, on a même parfois droit à des pleurs de frustrations.

Petites victoires pour petites infractions. Il faut aussi que les parents s'exercent petit à petit pour arriver à gérer la situation le jour où bébé aura grandi et qu'il sera ramené à la maison par un policier pour avoir conduit sans permis la voiture du père d'une copine qu'il voulait impressionner. C'est à ce moment-là que je repenserai à l'époque bénie où la transgression consistait à jeter par terre tous les livres de la bibliothèque...

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Petits pots? Pas petits pots? (à prononcer très vite et en boucle sans postilloner)

Comme j'ai entendu dire que les bébés pourris-gâtés habitués aux petits plats de maman ont tendance à refuser les petits pots, mais que je trouve que ça peut être pratique de donner un petit pot dans certaines circonstances (genre si les extra-terrestres débarquent et qu'ils repartent avec tous les légumes frais disponibles sur terre, ou plus probable pour avoir une nourriture pratique pour les week-ends à l'extérieur), je décide de donner de temps en temps des petits pots à bébé Flèche, afin de l'habituer très tôt au junk food et à son côté pratique.

J'ai énormément de mal à me défaire de l'image de la mauvaise mère qui nourrit son enfant avec des conserves. Dans les années 70, on faisait l'apologie du petit pot et du lait en poudre, et la maman qui ne s'en servait pas était considérée comme une ringarde. La maman idéale de l'an 2000, quant à elle, doit être hyper hype et savoir allier carrière et maternité; elle occupe un poste important dans une boite en vue, elle pète la forme parce qu'elle fait du sport entre midi-1h et elle trouve encore le temps de cuisiner des légumes bios pour ses rejetons en se tenant au courant du conflit au Proche-Orient tout en se peignant les ongles des pieds couleur fuschia irisé tellement tendance.

Pourtant, certains pédiatres modernes disent que les petits pots sont maintenant faits avec des légumes contrôlés et hyper-frais et qu'il vaut parfois mieux donner un petit pot et utiliser le temps qu'on aurait passé à cuire/mixer/congeler des préparations de légumes à faire une activité avec son enfant, comme par exemple lui peindre les ongles des pieds en fuschia irisé si c'est un garçon, ou lui apprendre à construire un moteur avec une bobine de fil, 2 aiguilles et un élastique si c'est un fille.   Donc je fais un compromis (ça doit être mon côté Suisse, le compromis étant élevé chez nous au rang de sport national): je donnerai de temps en temps un petit pot à bébé Flèche pour qu'il ne les refuse pas le jour où je n'ai rien d'autre sous la main pour cause de débarquement d'Aliens, mais je continuerai à cuisiner des légumes (pendant ses sieste évidemment, pour ne pas gaspiller une minute du temps précieux que je peux passer avec lui). La mère idéale de tous les temps ne serait-elle pas la reine du compromis? La mère idéale de toutes les galaxies serait-elle donc Suisse? Je vous laisse ruminer tout cela, rendez-moi les copies à la désalpe.

La pression est maintenant énorme pour bébé Flèche devant sa cuillère de petit pot pomme/abricot, mais il assume plutôt bien et il mange la moitié du pot! Il a l'air un peu surpris par le coté acide de cette préparation (j'ai gouté aussi, la mère moderne ayant un penchant prononcé pour le risque), donc je prendrai autre chose la prochaine fois. Plus tard dans le mois je récidive et je tente l'arme secrète des fabricants de petits pots, le célèbre carotte-petits-pois-patate, que je goute et que je trouve un peu fade comparé à mes préparations de super-maman. Qu'à cela ne tienne, bébé Flèche le mange quand même, tout comme la bouillie lactée aux fruits que je lui donne quelques jours plus tard pour ses 4 heures, il est brave ce petit, il fait la fierté de ses parents. Et là je me prends à rêver que ce sera aussi facile pendant toute son enfance, et qu'il acceptera sans broncher tout ce qui lui sera présenté dans son assiette. L'enfant idéal d'une maman idéale, toute jolie dans son nouveau tablier fleuri avec ses ongles des pieds ultra tendance, souriants tous les deux béatement à la caméra filmant une pub pour des délicieux légumes... en conserve! Zappons!

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Ô kil est bô!

Bon autant l'avouer d'entrée, JE NE SUIS PAS DINGUE DES BEBES. Voilà, c'est dit; jetez-moi Pierre, Paul et tous les Saints si vous y tenez, mais je préfère être honnête. Entendons-nous bien, je n'ai rien contre les bébés, mais c'est simplement que je ne me liquéfie pas totalement chaque fois que je croise une larve d'homo sapiens.

bebe_gif_104Je connais des filles qui ont ça dans le sang, ça répond à une sorte de réflex: dès qu'elles voient un bébé, elles se transforment en une grosse masse douce et sucrée, légèrement gluante, un peu comme un marshmallow au dessus d'un feu de camp. Et ceux dont l'oreille est suffisamment affutée reconnaitront même  dans les sons qu'elles émettent alors le cri de la guimauve en train de se liquéfier. Ben ça c'est pas moi.

Je ne suis pas un monstre non plus. Si on me met un bébé dans les bras je ne vais pas le rendre à son propriétaire en disant "ça sent pas bon", j'assure le minimum syndical d'éducation et de tenue. Par contre je suis tout à fait incapable de dire comme il est bôôôôôôô si je n'en pense pas le début. Je m'en sortirai avec un habile "il a les yeux de son père" ou autre banalité du genre. Non mais c'est vrai quoi, tombons les masques et mettons nous à nu (oui un peu comme dans Eyes Wide Shut, sauf qu'ils gardent les masques), les bébés ne sont pas tous beaux, ou bien?

Du coup, alors que j'étais moi-même enceinte et assaillie sans relâche d'hormones et de questions existentielles, le bébé moche revenait hanter mes pensées. Et si mon bébé n'était pas beau? Je me mettais à échafauder des plans dans lesquels je ne montrais mon bébé qu'aux filles marshmallow citées plus haut; je pensais même à me faire des injections de guimauve. Est-ce que toutes les mamans trouvent leur bébé mignon où est-ce que le fait de devenir mère vous colle une jolie paire de lunettes roses sur le nez? J'en saurais peut-être plus quand je serais devenue moi-même maman...

...

Voilà, il est là. Un petit bout du Grizzly et de moi-même, et pourtant une petite personne bien unique... et un bébé magnifique!

Epilogue:
Je jette quand même un œil au bébé de ma voisine de chambre, histoire de voir si le fait de devenir maman m'a transformée en confiserie spongieuse, et ... il a les yeux de son père ce petit!

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